L’autre nuit j’ai rêvé que j’étais sur un plateau TV et Michel Drucker me demandait :
Tu lui as répondu quoi alors?
_ Et bien je lui ai dit : “Madame Caniche, il est tout à fait normal que vous toutoussiez.”
Quelle horreur. Je venais de faire rire Bruno Masure. J’étais… Philippe Geluck.
Mais si j’avais convié mon vieux pote Messman à venir partager une bière avec moi en terrasse, ça n’était pas pour raconter mon cauchemar. C’était pour parler d’un sujet autrement plus polémique.
Tu sais Charles, je crois qu’on mésestime complètement la portée symbolique du retrait du Di-Antalvic de nos pharmacies françaises.
_ (soupir) Tu veux pas qu’on parle du mercato estival plutôt?
_ Nan je suis sérieux. Cette mesure donne un coup de pied dans la fourmilière.
_ Pour moi c’est surtout une histoire commerciale, la fin d’une exception française.
(Di-Antalvic = Sanofi = France)
_ C’est que ça va bien plus loin qu’une histoire de gros sous. Le Di-Antalvic, en tant qu’antalgique, est souvent prescrit afin de masquer une douleur dont personne ne cherchera jamais à identifier la racine. Il est l’apanage des médecins paresseux. Il est l’hostie des malades dévots. La suppression du Di-Antalvic pour moi c’est enfin la possibilité que la France ouvre les yeux sur ses problèmes.
_ Tu y vas un peu fort là quand même. Ce discours me parait très religieux.
_ ?
_ L’acceptation de la douleur etc. Bientôt tu vas me dire que t’es pour l’accouchement en serrant les dents.
Je pensais “Hey pourquoi pas hey. Après tout… c’est pas nous qu’on accouche!” Je me voyais donner un coup de coude à Charles accompagné d’un clin d’oeil complice. Nous aurions savouré notre condition masculine.
Mais je préférais répondre :
Nan mais concrètement Charles tu ne peux pas nier qu’on vit dans la société du tipex.
_ Tu vas trop loin.
_ Tu vis dans un monde qui tolère la burqa Charles!
_ STOP.
_ Il faut savoir encaisser les coups. Que je sache Tyson ne boxait pas avec un casque?
_ C’est juste.
_ Moi j’ai compris tout ça à l’adolescence pendant que ma coiffeuse me coupait les cheveux. Elle n’avait pas la langue dans sa poche. Elle me racontait comment elle aurait pu être heureuse avec son Jules pour peu qu’il eut été “correctement monté.”
_ Non!
_ J’en ai peur.
_ Non!!
_ “J’étais aveugle autrefois, mais aujourd’hui j’y vois.” (Jean 9.13 – 41)
_ Mais j’ai toujours cru que c’était la manière de s’en servir plutôt que…
_ La taille? Tu es bien naïf. Moi je vis dans le monde des grands, où la réalité ne fait pas de cadeaux à des hommes comme nous. Une réalité qui fait mal, une réalité…sans Di-Antalvic.
_ Morisset je ne sais pas si je suis sûr d’être prêt pour cette réalité.
_ Ne t’inquiète pas mon ami. C’est la même chose de l’autre côté de la barrière.
_ C’est à dire?
_ Charles, tu sais comme moi que les hommes NE préfèrent PAS les grosses! Cette légende a été inventée pour donner une raison de vivre à des millions de femmes hantées par leurs bourlets.
_ Morisset tu es cruel.
_ Je regarde ma souffrance dans les yeux. Cessons de dire des mensonges qui ont le gout de confiture sous peine de finir comme Bastareaud : Un jour tu te bats contre des piliers (de bar), le lendemain tu tombes contre ta lampe de chevet… Et puis tu finis par une tentative de suicide.
_ Je n’aimerais pas être à la place des candidats de Secret Story. Ils sont complètement dans le déni de leur réalité de strip-teasers.
_ Oui mais il leur reste le buzz.
_ Et nous alors? Et nous?? Si on n’a plus de Di-Antalvic il nous reste quoi, à nous?
“Il nous reste quoi?”… Je rigolais dans ma barbe de 3 jours.











J’ai accouché sans di-antalvic, sans péridurale et sans les dents !
tu es une femme barbara gould?
‘tin ! mais les références quoi… les références !
allez vous un jour surveiller votre langage?
Non, c’est pas dans mes capacités… je vous rappelle que je suis une femme, par conséquent, je suis mononeuronale (et blonde de l’intérieur de surcroit) : v’là le handicap de base quoi !
“je suis blonde à l’intérieur”.
Déjà pensé à écrire un livre à ce sujet? Pour vous libérer de vos souffrances et exorciser vos peurs…