C’est l’été. Cette période de l’année a été marquée pour moi par deux grands hommes de l’histoire de France. Le premier c’est Thierry Beccaro qui a su divertir les après-midis de milliers d’entre nous qui n’avaient pas la chance comme lui de partir se faire dorer la pilule à Bénodet aux frais de FR3.
Et l’autre c’est Antoine, qui a impregné mes compatriotes d’une idée fixe qui refait surface chaque mois de juillet : mettre les voiles.
Chaque année, ça monte dès la fin du mois de juin. Les collaborateurs ne rêvent que de foutre le camp de leur open-space, l’autoroute dite “du soleil” se prépare à être bondée…
C’est une tendance qu’on constate aussi sur le marché des transferts. (et oui mesdames aujourd’hui on ne parle pas gestation, aujourd’hui on parle foot!)
Car le mois de juillet c’est le mois des rumeurs de mouvements. Les joueurs sont sollicités de toute part, les têtes tournent, et les portefeuilles se gonflent d’envie d’ailleurs. Chaque mercato est marqué par ses bras de fer et ses déclarations d’amour. Michel Bastos répétait encore au moment de la prolongation de son contrat qu’il était bien à Lille. Sauf que depuis Lyon s’est manifesté, et donc c’est plus pareil. Carasso a menacé de plus vouloir jouer à Toulouse si on le laissait pas partir à Bordeaux. Adil Rami est en train de pleurer les larmes de son corps qu’il est victime d’un arrangement entre Lillois et Lyonnais l’empêchant de rejoindre Marseille. On se souvient de Piquionne qui avait traité les dirigeants stéphanois d’esclavagistes. Et Edouard Cissé qui ne jurait que par Paris a fini par accepter la proposition de l’ennemi marseillais parce qu’il ne pouvait pas dire “non”. En fait le foot, c’est la mafia, comme dans le Parrain.
Je lui ai fait une offre qu’il a pas pu refuser.
En fait le problème c’est surtout que dans le foot, il n’y a plus d’Ulysse qui soit capable de résister aux chants des sirènes. Alors d’accord, les footeux ne sont que des hommes, leur carrière ne dépasse rarement les 35 ans… donc on peut comprendre que certains partent au Qatar. On peut aussi comprendre qu’il soit difficile quand on est fils de maçons portugais de résister aux appels du pied de clubs espanols prestigieux.
C’est d’autant plus excusable que ça arrive aux “meilleurs”. L’ouverture de Sarkozy a par exemple fait un véritable raz de marée : Martin Hirsch, Bernard Kouchner, Strauss-Kahn, Lang… chacun pour ses raisons. Mais aucun d’entre eux n’arrive plus à se regarder dans la glace aujourd’hui.
Ça me rappelle la grande époque où je faisais ma thèse sur la disparition de l’éthique au sein de la profession. J’y parlais des praticiens qui cédaient à la facilité en partant exercer en Belgique ou au Luxembourg. J’avais conclu que l’éthique c’est ce qui séparait l’homme du gitan. Ça m’avait valu les félicitations du jury à l’époque.
Alors au risque de passer pour un vieux con, je prône la stabilité. Parce qu’il y a des moments dans la vie où c’est facile, où on a le vent dans le dos et on pense que ça va durer pour toujours. Mais le vent il change de sens. Et quand on a le vent de face et qu’il se met à pleuvoir, et qu’on est seul sur sa selle, et ben on en chie.
J’aimerais donc que chacun se rappelle que les sirènes qui chantent si bien…
… en vérité c’est à ça qu’elles ressemblent.
Voilà la même chose en V.O.
Sachons ne jamais oublier d’où on vient. Et sachons nous rappeler qu’Antoine, qui a globalement passé sa vie à rien foutre, était avant tout le pote des Charlots.
crédit photo : Getty Images











T’es un putain de patriote Morisset.
musique!