Ça va Morisset?
_ Hum?
_ Tu as l’air sombre.
_ Non ça va… faut que j’aille bosser. J’ai Mr Victor qui vient consulter ce matin.
Bonjour Docteur, je suis rédacteur dans une agence de publicité et j’écris aussi sur un blog. Ce que j’aime dans la vie, c’est les blogueurs influents, la cornemuse, me faire poker sur Facebook et l’odeur de la ligne 14.
Ces quelques mots me suffisaient à mesurer l’étendue du cynisme du garçon. Il me plut.
D’ailleurs en parlant d’odeurs, je viens vous parler de W.C.
_ Ça tombe bien, tu es assis sur ce que j’appelle “le trône”.
Je ne sais pas vous, mais pour moi aller chier, pour parler crument, c’est un moment privilégié.
Je partageais son point de vue. En mon temps j’avais été détenteur du record du monde du serpent sur Nokia…
un record que j’avais battu… aux toilettes.
Depuis tout petit, cet acte quotidien s’est doublé d’une nécessité quasi absolue : avoir un truc à lire à la selle.
Je ne peux vraiment vous expliquer pourquoi, c’est une sorte d’instinct. Les deux sont associés. Mais dans un sens seulement. Le fait de lire dans mon lit ou dans le métro ne me donne pas nécessairement envie de chier. (heureusement) Mais pourquoi lire aux chiottes : Passer le temps ? Se donner bonne conscience et lire 2 pages d’un bouquin qu’on a jamais fini ?
Profiter d’un calme inattendu ? Les marketeurs diraient eux que lire aux chiottes c’est un « effet wahou ».
_ C’est sûr que c’est pas lire aux chiottes qui va “faire le buzz”.
_ Bref, mon besoin de lire irrépressible est parfois handicapant. Car au moment d’aller chier se pose toujours cette question : que lire ? C’est souvent là que les problèmes surviennent. Car lorsque l’on est chez soi, y pas de soucis comme dirait mon vendeur de portable chez SFR. Le choix est large : un vieux bouquin oublié, une BD, un journal de la veille, un catalogue Ikea, un prospectus Carrefour « Hifi et Electroménager », un vieux numéro de l’Officiel des Spectacles, bref tout ou n’importe quoi pourvu qu’on puisse y lire quelque chose. Il m’est arrivé, un jour de grande détresse, de lire aux toilettes les ingrédients d’un paquet de céréales Miel Pops.
Il avait raison. Ce matin, par exemple, je m’en suis voulu d’avoir ôté les étiquettes sur mes shampoing parce que je n’avais plus rien à lire! Et bien ça ne m’a pas empêché de faire ce que j’avais à faire. Mais ça a engendré une frustration qui va me rendre sombre toute la journée. Ma femme l’avait d’ailleurs déjà remarqué.
Les complications surviennent lorsqu’une envie soudaine et incontrôlable se fait sentir. Perdre 5 minutes à chercher un truc à lire devient particulièrement dangereux pour l’intégrité physique de mon caleçon. Sauf que moi cher docteur j’ai beau avoir la plus grosse envie de chier, il me faut un truc à lire. Et s’il n’y a rien à lire, je ne peux pas chier. Plusieurs fois je me suis retrouvé à parcourir précipitamment de long en large mon appartement pour y chercher le moindre papier imprimé, tel un misérable junkie en manque. Il m’arrive donc de mettre en péril mes sous-vêtements en allant chercher à pied jusqu’au kiosque un journal ou un magazine, et de revenir chez moi en courant, afin d’éviter tout désagrément. Cette situation devient donc quelque peu gênante, et à vrai dire je ne sais trop comment me soigner. Avez-vous la solution ? Suis-je seul ? Est-ce grave ?
Mr Victor parlait d’une vérité que tous les hommes connaissent sans vouloir en parler, comme la rupture du frein par exemple.
Je vais te rassurer d’abord : tu n’es pas seul. Il est vrai qu’aujourd’hui, nous aimons qu’il n’y ait aucun temps mort. Dans un souci d’élévation constante du débat, je te propose que nous sortions de la sphère des toilettes pour pénétrer cette magnifique machine qu’est le cerveau masculin.
… Parce que trop souvent on passe pour des bourrins qui, au moment de faire la vaisselle, préfèrent se réfugier aux chiottes pour lire France Football. Alors que nous sommes en fait des êtres délicats et subtils Nous avons simplement besoin d’un peu de stimulation intellectuelle pour pouvoir nous soulager. Le cerveau de l’homme est une mécanique de précision. J’entendais encore le hardeur français Phil Holiday expliquer son succès dans l’industrie du X : “Le plus important pour un acteur, c’est d’avoir une érection… même quand ta partenaire ne te plait pas, même quand t’as les fesses dans la neige. C’est une question de concentration.”
_ Pierre Arditi devrait se rappeler…
_ Un homme : c’est tout dans la tête. C’est un truc que ce que j’appelle “les gonzesses” n’ont jamais compris. Mais pour ton souci, il faut qu’on trouve des solutions. Tu dois rester concentré. Si tu n’as rien à lire, tu paniques pas. Tu peux siffloter. Un truc pas trop compliqué tu vois… “hello le soleil brille” par exemple.
Et si je sens que ça vient, je gobe un Doliprane!
Il parlait comme un enfant prodigue. Je le regardais partir avec beaucoup d’émotion en espérant lui avoir apporté l’aide qu’il était venu chercher. C’est vrai qu’on n’était plus à l’ère des chiottes turques, néanmoins j’étais persuadé que les W.C. étaient la pièce de la maison nécessitant le plus de progrès technologiques afin de coller au mieux avec les aspirations de l’homme moderne.
crédit photo : Victor, Getty Images
Vous aussi vous voulez consulter? Ecrivez moi sans plus attendre. drmorisset@gmail.com













En parlant de rupture du frein, j’aurais des choses à te raconter, mais ce sera pour une autre consultation.
Tu vas trop vite. (cf rupture du frein) (cf blague)
Buongiorno a voi dct Morriset
Voilà que votre politesse me laisse coi; souvent je la préconise comme base des échanges.Car…
«La politesse est plus généreuse que la franchise, car elle signifie qu’on croit à l’intelligence de l’autre.»
Mais j’ai ouie dire autour de moi(même si cela se murmure…) que je suis la seule, de nos jours, à croire au Père Noel…oups
−On peut s’en tirer, nom de Dieu! dit Pinette. −Tu crois au père Noël? (Sartre, Mort ds âme, 1949, p.42).
Bien après les salamalechs passons aux choses serieuses: vous me faites Hurler de rire !!!Mais cela dit, ne revez pas à un Prix Goncourt ou mieux hé hé hé à un One-Man-Show rien que pour vous …Il se dit aussi(toujours sous cape) que je suis bon public…oups.
Si vous le permettez voici une petite contribution..
Bon c’est pas très élégant mais !!!
Là où ça sent la merde
ça sent l’être.
L’Homme aurait très bien pu ne pas chier,
ne pas ouvrir sa poche anale,
mais il a choisi de chier
comme il aurait choisi de vivre
au lieu de consentir à vivre mort……..
Il est d’ailleurs bien connu que les fermes et leurs odeurs de bouse de vache sont des lieux de vie très prisés aujourd’hui.
Je suis pour l’évolution des toilettes modernes.
D’ailleurs, je suis pour que les chiottes deviennent la pièce maîtresse de la maison !
OH MON DIEU…
Annie Cordy a été jeune !!
et Carlos a été en vie.