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Pour une Europe des régions… françaises

Une petite introduction signée Charles de Gaulle à propos d’un sujet qu’il maitrisait pas mal : l’Europe. C’est toujours émouvant de revoir ce grand bonhomme délivrer une belle leçon de sagesse ponctuée par des sauts de cabri. Aucune autre figure historique ne sera parvenue à donner de telles montées d’adrénaline chez mes profs d’histoire… Un mec comme ça peut pas se tromper. D’Europe justement, parlons-en…

En effet, il serait temps d’aborder un peu le sujet à un moment où Nicolas S. a mis la drôle d’idée dans la tête d’Edouard B. de lancer une grande réforme territoriale s’apprêtant par la même occasion à foutre un bordel sans nom dans notre beau pays… de France! Il s’agit notamment de la proposition visant à regrouper certaines régions qui fait le plus grincer des dents. A lire dans Le Figaro du 20 février :

« Dans plusieurs régions, la résistance s’organise : une pétition Touche pas à ma Picardie aurait ainsi recueilli plus de 15 000 signatures.

carte_france1

Une « résistance » s’organise! C’est un peu fort…. Alors qu’aux Etats-Unis on ne parle que de changement, il semble que chez nous les choses soient un peu plus compliquées.

Loin de moi l’idée de critiquer, j’aime pas le changement. Déjà à l’école je vivais très mal les réorganisations territoriales ordonnées par les institutrices. Plus tard en Angleterre j’ai découvert les valeurs du « hot-desking« , permettant à chacun de travailler où bon lui semble dans l’immeuble. C’était terrible. J’étais déraciné en permanence.

Une chose que je comprends moins par contre c’est l’attachement aux particularités régionales pour des motifs culturels. Replaçons les choses dans leur contexte. Je suis originaire d’une région dont on ne peut pas se revendiquer. Je ne suis pas Picard, je ne suis pas Alsacien (encore que je sois Lorrain de naissance)… non je viens d’une région de l’Est de la France dont on taira le nom.

Une région qui ne compte pourtant pas ses fiertés sur les doigts de la main puisqu’il s’agit de la région de Pasteur (à qui l’on doit quand même une station de métro), Victor Hugo (quelques livres, un exil et une station de métro lui aussi). C’est aussi la région du fromage, de la saucisse de Morteau, du vin d’Arbois, des Eurockéennes de Belfort aussi! (parce que merde après tout y’a pas que la bouffe)

Mais force est de constater que ma région d’origine (continuons d’en taire le nom pour les plus incultes) se distingue avant tout par sa discrétion. Pas de risque qu’un Dany Boon n’en fasse un film. Si l’accent est très fort à l’oreille, il ne chante pas comme l’accent provençal. Ma région n’offre pas une identité qu’on revendique fièrement…

Elle m’a même valu les moqueries d’un jury d’entretien d’une Université du 5e arrondissement de Paris. Je m’en souviens très bien. Après une vingtaine de minutes quelconques, l’un des examinateurs, m’interpelle alors que j’allais sortir de la salle et m’envoie avec un sourire malicieux cette flèche en plein dans mon amour propre : « Pardon Mr Morisset (je n’étais pas encore le docteur que je suis), c’est où le… 70? ». J’aurais dû m’en aller le menton tourné vers le plafond. J’ai été refusé.

Malgré cet épisode douloureux je comprends mal les crises d’urticaire que l’annonce d’un rapprochement entre les deux Normandies peut provoquer. En plus la défense des identités régionales est historiquement liée aux langues. Donc aujourd’hui ça n’a plus aucun sens. Surtout que dans 10 ans on parlera tous l’Esperanto. Alors on défend les régions sur quels motifs? Gastronomiques? Sportifs? Ou bien plus simplement parce que ça mettrait en péril le JT de 13 heures de Jean-Pierre Pernaut? Sérieusement…

Par contre, la Corse? A qui on va les rattacher, les Corses?

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5 Responses to “Pour une Europe des régions… françaises”


  1. 20/03/2009 à 13:04

    Mais mon bon dcoteur, cette grogne quand à la disparition programmée de certaines régions ne peut elle pas trouver ses racines dans les suspicions (malvenues, j’en conviens) que l’on peut avoir des intentions gouvernementales derrière la fin de la Picardie ?
    Quid de la diminution des effectifs (et des budgets) des collectivités territoriales ainsi effacées ? Hein quid ?

  2. 20/03/2009 à 13:06

    Et oui, il y a une faute de frappe risible dans mon commentaire précédent, mais je suis émotif, j’ai un mot du médecin.

  3. 3 Dr. Morisset
    20/03/2009 à 13:18

    Ecoutez mon cher Yann, nous ne nous connaissons pas, mais à vue de nez, je dirais que si j’étais votre beau-père j’aimerais dire à mes amis « qu’est-ce qu’il est bien mon gendre…mais il est de gauche. » On ne fait pas de politique dans mon cabinet mon cher, on en discute.

  4. 23/07/2009 à 22:18

    Mon pauvre Docteur… Ces examinateurs sont sans doute SBF* aujourd’hui… c’est la crise !
    Comme disait Lao Tseu : « assieds toi au bord de la rivière et tu verras le cadavre de ton ennemi passer »… il n’a pas préciser quelle rive. Comme quoi…

    *sans bureau fixe

  5. 23/07/2009 à 22:19

    précisé (é) bug de l’index gauche


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