04
Juil
10

Une histoire belge

La grosse tendance que je remarque ces dernières années, c’est le toupet de ceux qui se permettent de poster ce genre de commentaires…

Loin de moi l’envie de fuir mes responsabilités, mais suite à cette histoire j’ai décidé de me ressourcer en prenant un week-end en Belgique, l’autre pays de la blague.

J’étais en gare de Bruxelles Midi quand une scène de vie me plongea dans une profonde crise de sentimentalisme.

J’observais une petite araignée.

Elle luttait courageusement sous mes yeux pour trouver un chemin vers je ne sais où. Il faut bien comprendre qu’une gare c’est gigantesque à l’échelle d’une araignée. En plus, je peux me gourer mais je suis pas sûr qu’elle savait exactement où elle allait. Le moindre coup de vent soufflait tous ses efforts. Quand on sait qu’il est si facile de se faire écraser, il s’agissait vraiment d’une tentative désespérée, chevaleresque dans le sens moderne du terme.

J’aime pas les araignées pourtant. J’avais donc toutes les raisons de regarder ce spectacle avec un œil sadique et amusé. Malgré tout j’ai été touché par le courage un peu fou de cet animal.

Suite à ça je me suis juré de ne plus jamais écraser une araignée, aussi grosse ou velue soit-elle.

Quand on sait qu’elles bravent tous ces dangers pour manger des mouches en plus…

Je me suis trouvé émouvant de voir autant de poésie dans une gare bruxelloise. Du coup je trouvais le commentaire de ce lecteur d’autant plus injuste. Parce que les comiques les plus fins sont aussi les personnes les plus sensibles.

Et puis même, ce commentaire était très cavalier. De mon temps j’aurais JAMAIS osé voir l’illustre Fernand Raynaud pour lui dire que son sketch sur le douanier était nul à chier…

Bonjour Monsieur Raynaud, avec tout le respect que je vous dois, votre sketch manque de rythme. Votre air benêt  votre chapeau de cow-boy… ça ne fonctionne plus. Vous n’êtes pas drôle.

Déjà il ne me serait pas venu à l’idée de le tutoyer.

Tout se perd.

Finalement ça ne m’étonne qu’à moitié quand je vois le niveau de ce qui passe à la télé aujourd’hui…

Je déplore qu’il n’y ait plus de respect pour le métier de comique, notamment pour celui de comique bénévole.

Bon après, je comprends aussi qu’il y ait davantage d’exigence. C’est le train de la modernité. Du temps de l’ORTF, les téléspectateurs n’avaient pas le choix. Ils encaissaient leur Léon Zitrone et leur Guy Lux sans mot dire. Y’avait tellement rien d’autre qu’ils ne songeaient même pas à demander autre chose. On rigolait des blagues de De Funès parce qu’on ne connaissait pas Jerry Lewis.

Aujourd’hui c’est différent. Il y a beaucoup plus de concurrents sur le créneau de l’humour. Et nous sommes bien plus exposés à la critique. C’est le jeu de la concurrence qu’on a accepté dès lors qu’on a décidé de faire une caricature de Georges Marchais au Bébête Show plutôt que de le porter en triomphe.

Mais que faire ? Arrêter de se plaindre : certainement. Se réinventer en permanence : cela suffit-il pour durer? Parce qu’on finit toujours par lasser n’importe qui de toute façon. Je prends l’exemple de Gad Elmaleh qui était drôle au début. Je prends l’exemple de Bigard qui a été drôle 5 minutes.

S’inscrire dans la durée de l’humour est un sacré challenge.

La vraie question c’est de savoir si en 2010 on peut accepter de se faire oublier un petit peu pour mieux revenir sur le devant de la scène? Est-ce qu’on peut prendre le risque d’attendre un rappel?

Il ne reste plus qu’à espérer qu’un jour, Gustave Parking revienne naturellement à la mode.

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10 Responses to “Une histoire belge”


  1. 04/07/2010 à 13:22

    Depuis la triste disparition d’Alex Metayer, la découverte de ce blog est la meilleurs chose qui me soit arrivé. Voilà, je tenais à le préciser.

  2. 04/07/2010 à 13:41

    Gustave est inimitable. Je l’aime.

  3. 3 Dr. Morisset
    04/07/2010 à 14:05

    C’est normal :

  4. 4 Dr. Morisset
    04/07/2010 à 14:06

    Ah si seulement j’avais la possibilité de liker ce commentaire…

  5. 04/07/2010 à 16:19

    Ce commentaire est hors-contexte. On ne demande pas à un docteur d’être drôle mais de sauver des vies ! Et jusqu’à preuve du contraires vous en avez sauvez des tas, non ?

  6. 6 Dr. Morisset
    04/07/2010 à 16:23

    Je n’ai jamais parlé des vies que je sauve en ces termes en tout cas… (cf « des tas »)

  7. 7 chth
    05/07/2010 à 14:21

    Vous voulez un bisous docteur ?

  8. 8 Dr. Morisset
    05/07/2010 à 16:38

    Si seulement les conflits pouvaient se régler à coups de bisous, ça serait plus simple.

  9. 11/07/2010 à 02:10

    Si je n’avais pas un tantinet d’affection pour vous docteur, j’aurais passé mon chemin.

  10. 10 Dr. Morisset
    11/07/2010 à 19:30

    L’affect, c’est le drame du 21e siècle.


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