10
Fév
12

La misère mise à part

Les températures ont chuté depuis une semaine et Paris s’est réveillée sous la neige dimanche dernier…

Quelques matchs de foot ont été annulés car les artistes du ballon rond n’aiment pas jouer leur partition par -3°.

(On ne les paie pas comme des rois pour qu’ils jouent dans la neige comme des cons)

Et alors que j’étais en train de me geler le cul en chemin vers la boulangerie, j’ai aperçu un SDF sur le trottoir. Je l’ai observé attentivement. Et je me suis demandé s’il en avait quelque chose à foutre des chansons d’Adamo…

Ça craint pour les SDF un temps pareil. Je dirais même que ça craint grave!

Parce que Paris quand on est sans-abri, c’est sympa en été. On peut picoler du bon pinard sur les bords du canal St Martin, à la fraiche. Mais l’hiver par -10°, le cul sur le trottoir… même sous des couvertures c’est pas la même chose!

Disons que pour tous ceux qui veulent se prouver qu’ils sont des hommes, passer la nuit dehors par ce temps là est un bon test que peu de valeureux aimeraient relever… Et malgré tout, en ce moment, rien n’est plus tendance que d’être à la rue.

Mallaury Nataf vient d’envoyer un cri d’alarme il y a quelques jours.

Mallaury Nataf ou le destin brisé d’une femme qui avait tout pour réussir.

Une beauté sauvage, digne de Sophie Duez…

Un talent de comédienne qui lui a ouvert les portes des plus prestigieuses séries d’AB production.

Une insouciance qui lui permettait de faire des cabrioles légères sur les plateaux d’émission pour enfants.

Pas un gros QI certes, mais avec un cul pareil, on n’a guère de souci à se faire dans la société d’aujourd’hui.

Je veux dire, en son temps, la fleur sauvage était quand même sifflée chez Ardisson…

(siffler comme une siffle une poule, pas comme quand on siffle le joueur de foot de l’équipe d’en face)

C’est simple, j’aurais pu avoir des posters de Mallaury Nataf sur les murs de ma chambre comme d’autres avaient des posters de Bardot. Franchement, Mallaury Nataf c’était la petite princesse des années 90.

Et bien aujourd’hui, on lui a retiré ses enfants. La petite princesse dort dehors et son café n’est pas du Nespresso.

Quel destin tragique… Monter si haut pour finir si bas.

Et ça peut arriver à tout le monde.

D’ailleurs je ferais pas la maligne si j’étais Zahia…

La misère se vulgarise. Il y a de plus en plus de SDF partout.

L’autre matin, un Roumain est monté dans mon métro, uniquement vêtu d’un manteau et d’une couverture.

(Je dis Roumain mais il était peut être Kurde hein…)

Pas de pantalon. Mais surtout ni chaussure ni chaussette. Le mec était debout en face de moi, pieds nus, à chanter sa chanson dont les paroles tournaient essentiellement autour du peu d’argent que les passagers pourraient lui donner. Autant dire que je suis resté de marbre avec mes yeux fixés sur l’Equipe Mag.

Quand le mec est passé à côté de moi, j’ai quand même pas pu m’empêcher de me dire que j’étais un bon gros connard sans cœur.

Puis quand le Roumain est descendu du wagon pour être remplacé par un autre vêtu lui aussi d’un manteau et d’une couverture, je me suis dit qu’on se foutait bien de notre gueule et que j’avais bien raison de n’avoir aucun scrupule.

Les SDF, on les connait! On les connait tellement bien qu’on s’en raconte des histoires dans les soirées entre amis.

Il y a Alain…

Alors je me présente je m’appelle Alain, j’ai de… 51 ans. J’me permets de passer de parmi vous afin de solliciter une pièce de monnaie ou un ticket de restaurant afin d’pouvoir de manger, et d’rester propre…

Avant de passer solennellement dans les rangs à coups de S’il vous plait messieurs dames!

Il y a cette femme un peu bizarre qui se poste devant vous et vous fixe avant de vous demander…

Vous pouvez m’aider? Vous pouvez me donner quelque chose?

Et puis il y a celui qui regarde le sol en bégayant…

Ma misère oui! Je vais…P…Passer oui!…P…Parmi vous oui! Ma…M…Misère oui!

On se moque comme ça, mais c’est comme un rire nerveux pour masquer un malaise.

À tous ceux qui nous reprochent de faire semblant de ne pas voir cette misère, je dirais qu’on ne fait pas semblant. On fait le choix de ne pas la regarder.

À ceux qui nous reprochent d’être des gros pingres qui ne donnent pas de fric aux mendiants dans le métro, je dirais que compte tenu de leur nombre dans le métro, le budget SDF mensuel pourrait vite monter à 100 euros. Et je rajouterais qu’en cette période de crise il y a des investissements plus malins à faire.

Font chier aussi ces SDF. Je peux pas le dire mieux que Serge Dassault…

Pour emmerder le monde à jouer de la musique de merde plein pot dans le métro y’a du monde, mais pour faire tourner la boutique on peut pas compter sur eux… Je crois que ce que Serge Dassault veut dire à demi-mots, c’est que les pauvres c’est un peu des parasites en fait. (y’a pas un philosophe Allemand qui tenait le même genre de propos le siècle dernier?)

Ah et j’en profite aussi pour dire à ceux qui nous reprochent de faire la gueule tous les jours que le métro ce n’est pas les fêtes de Bayonne.

Donc on fait la gueule et c’est comme ça, de toute façon on vous emmerde.

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