25
Mai
12

Savoir regarder en arrière, sans loucher

Quand j’étais petit je n’étais pas grand. Je montrais mon cul à tous les passants. Je faisais aussi du cyclisme. (cf ci-dessous)

À mon âge certains rêvaient de devenir le futur Dominique Rocheteau, moi mon rêve secret c’était de gagner une étape du Tour de France. Mais plus que renforcer mes mollets, le cyclisme m’a surtout forgé un caractère…

Grâce au vélo j’ai appris la route, j’ai affronté le vent, la pluie, j’ai surmonté la douleur, j’ai vaincu la faim… J’ai nourri mon appétit de victoires et développé des qualités de leader.

J’ai aussi appris à regarder vers l’avant… J’entends encore mon père me dire de ne jamais me retourner quand je pédalais en tête.

Il me disait que je n’aimerais pas ce que je pourrais voir…

Il avait raison. Dans l’esprit, quand on est devant il ne faut pas se retourner, sinon ça veut dire qu’on a peur ou même pire, que mentalement on a déjà admis qu’on a perdu. C’est un aveu de faiblesse.

Ceux qui lisent la Bible, le Coran ou la Torah savent bien qu’il faut pas se retourner, surtout pas vers Sodome, sinon on le paie cash.

Il ne faut pas se retourner et en même temps, il faut l’admettre, il faut bien du courage pour regarder devant.

Parce que devant qu’est-ce qu’on voit :

On voit rien sinon une route qui s’étend à l’infini. C’est censé donner envie mais n’est pas biker qui veut.

Personne ne sait de quoi demain sera fait et quand on regarde devant voilà aussi ce qu’on peut voir…

Personne n’aime avancer dans le noir…

Ne pas savoir ça peut également donner le vertige et on sait depuis Aristote que la nature a horreur du vide.

Les rares certitudes auxquelles on peut se rattacher ne sont guère rassurantes.

Un truc dont on peut être sûr par exemple, c’est de savoir ce qui suit après qu’on s’enfile ça…

Je veux dire, à moins d’être constipé, autant ne pas savoir.

L’autre truc dont on peut être certain c’est que l’histoire a beaucoup de chances de s’arrêter ici.

On parle du paradis mais je me mettrai à y croire le jour le Général de Gaulle en reviendra.

Donc voilà, la seule certitude c’est que c’est la merde. Et malgré tout ça, il faut continuer d’avancer… sans se retourner. Et c’est que c’est pas plus mal comme ça parce que la vérité, c’est qu’on n’est pas toujours très heureux quand on regarde vers le passé.

Céline Dion n’a pas envie de voir à quoi elle ressemblait à des années de là.

Arthur fait semblant de s’en foutre, mais il a horreur de se revoir à ses débuts.

Je ne suis pas sûr que Franck et Wahiba, costard FFF et jean moulant…

… aient envie de se rappeler à quoi ressemblait leur vie il y a 10 ans, en Turquie…

On était pourtant loin des affaires Zahia et Knysna.

Mais Franck et Wahiba ils veulent vivre au présent, rester insouciants et continuer de se marrer…

On peut aussi se demander à quoi ça sert de se retourner tellement rien ne change. Aujourd’hui, Le Point, un magazine écrit par les riches pour les riches, parle de haine anti-riches...

Mais quand on regarde en arrière : des bourges il y en a toujours eu et il y en aura toujours! Les pauvres les ont toujours détesté. Et comme il y a plus de pauvres que de riches, le calcul est simple.

Moi je ne regarde pas vers l’avant, je regarde vers le haut. Déjà parce que c’est toujours mieux que de regarder vers l’arrière. Et surtout parce que j’ai le vertige.

Regarder en arrière ça ne sert à rien… ET POURTANT.

Se retourner on devrait le faire plus souvent. D’abord on se rendrait compte à quel point on avait l’air con quand on se la pétait en dansant la Macarena… N’est-ce pas mesdemoiselles?

La prochaine fois qu’on vous propose de vous déhancher de manière originale parce que c’est le truc du moment et que tout le monde le fait, suivez mon conseil : ne faites pas comme tout le monde et restez assis(e). Mieux vaut être taxé de « triste » une soirée que de passer pour un con pour la postérité. Dans le doute, abstenez vous!

Si on regardait un peu plus souvent vers le passé, on se rendrait compte aussi à quel point on avait l’air con avec notre look Tektonik. C’était ridicule. Et on n’a pas besoin de se retourner trop, la Tektonik c’était hier…

Y’a guère qu’en Italie où ce genre de style réussit à durer plus de 6 mois.

Dans 10 ans, quand on regardera en arrière, on se dira qu’on était bien débile avec nos chorégraphies à la con…

Quand on repense à tout ce qu’on fumait à l’époque, on tousse aujourd’hui.

Peut être que dans dix ans, quand on sera sourd on regrettera de s’être envoyé autant de musique plein pot dans nos fragiles oreilles. On regrettera peut être aussi d’avoir autant téléphoné dans le métro alors que c’était pas nécessaire et qu’on n’entendait que dalle…

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