29
Juin
12

Les rois du mazout

Quand les vacances arrivent, on parle beaucoup des Juilletistes et des Aoûtiens sur les autoroutes de France.

Mais on oublie complètement ceux qui partent en juin. D’ailleurs on n’a jamais trouvé de nom pour parler des gens qui partent en Juin. Pourtant des gens partent en vacances en Juin. Des gens bien. Des gens comme moi. Et c’est dommage qu’on n’en parle pas, parce que ceux qui partent en Juin sont souvent plus malins que la moyenne : Ils s’évitent les bouchons, la surpopulation balnéaire et profitent déjà des températures clémentes, à moindre coût.

Cette année j’ai pris des vacances dans un pays que je ne nommerai pas pour la simple et bonne raison que je ne suis pas rétribué par son office de tourisme. Mais disons simplement que ce pays compte parmi les meilleurs maçons du monde.

Oui je suis allé en Portugal par recommandation de mes clients qui n’arrêtaient pas de me dire que Lisbonne, c’était magnifique.

Oui je suis snob, je dis que je vais en Portugal comme on va en Avignon ou en Khapisa. (ou à Maurice)

Et je dois bien reconnaître que c’était effectivement magnifique et que cette expérience est venue casser quelques idées reçues :

1) J’ai découvert que la morue c’était pas seulement un terme pour désigner certaines femmes peu agréables, c’était aussi un plat délicieux.

2) J’ai rencontré des femmes que je n’aurais jamais cru si belles, si loin du cliché de la femme portugaise si poilue que quand elle se met à quatre pattes ça devient une mygale.

MÉTAPHORE D’UNE PORTUGAISE À QUATRE PATTES SUR UN CAILLOU

Notons au passage que c’est pas parce qu’elles sont jolies que ça les empêche de bien faire le ménage.

Et surtout, j’ai pris conscience de mes propres défauts, en tant que Français.

Putain, il a fallu aller au Portugal pour ça. Comme quoi c’est important de sortir de chez soi pour réaliser à quel point on peut être con.

J’ai réalisé tout ça… en regardant l’Euro. (et oui mesdames le foot peut vous ouvrir les yeux)

Du Portugal j’ai suivi les matchs de qualification et j’ai entendu les Italiens anticiper le scandale dit « de la biscotte ».

Les Italiens risquaient en effet de passer à la trappe au cas où les Croates et les Espagnols se séparent sur un match nul.

Je lisais dans la presse que les Italiens craignaient de nouveau un arrangement entre amis, arrangement dont ils se sont déjà estimés les victimes en 2004 lorsque les Suédois et les Danois ont fait match nul, se qualifiant tous les deux et jetant la Squadra dans les orties.

J’entendais les Italiens se plaindre que quoi qu’ils arrivent, ils dépendaient du sort et remettaient leur qualification dans les mains des Espagnols, en priant pour qu’ils jouent le jeu.

Sauf que d’abord, les Italiens avaient leur qualification dans les mains en cas de match nul… s’ils foutaient une branlée aux Irlandais. Avant de s’en remettre aux Espagnols, pourquoi ne pas s’en remettre d’abord à ses attaquants?

Et surtout, vue de Croatie la situation était complètement différente. Les Croates voyaient en effet l’Italie jouer l’Irlande, un pays supposé en roue libre car déjà éliminé… et une équipe accessoirement entraînée… par un Italien.

Je me suis vraiment dit que c’était vraiment une belle bande de cons ces Italiens.

Mais comme il faut balayer devant sa porte et comme c’est souvent face à la merde des autres qu’on reconsidère la sienne, j’ai réalisé qu’on ne valait pas beaucoup mieux que les autres.

Nous qui nous voyions déjà si beaux après un match nul contre une Angleterre pas meilleure que le Pays de Galle, et une victoire contre des Ukrainiens pas plus inspirés que des Biélorusses… nous nous sommes faits logiquement sortir par les Espagnols après avoir trébuché sur la Suède.

On s’est vu comme les rois du pétrole, mais on a oublié qu’en France du pétrole on n’en a finalement pas beaucoup plus que des idées.

Les stars de la belle génération 87 a encore besoin de mûrir un peu.

Benzema n’a pas marqué de but.

Nasri s’est fâché avec la presse entière.

Menez n’a pas plané bien longtemps.

Ben Arfa n’a pas eu beaucoup l’occasion de planer non plus.

On a de quoi être déçu. Ils sont agaçants avec tout ce talent dont ils ne font rien encore.

Ils sont tellement prétentieux. Je pense qu’on n’aurait pas été aussi frustré si l’équipe n’avait été composée que de bosseurs discrets comme Rami, Debuchy, Cabaye, Martin ou Lloris.

En fait on a tort d’être déçu, la France est à son niveau. C’est à dire le niveau de la République Tchèque ou de la Grèce.

C’est pas la peine de chercher plus loin ou de se prendre pour ce qu’on n’est pas.

Quand je repense à ces moments de sympathie au Portugal, j’ai envie de dire :

Merci Souza. Merci Rui. Merci Anita. Merci Jorge. Merci Georgina. Merci Rosaria. Merci Conceiçao.

J’ai aimé votre simplicité rafraîchissante. Merci à vous tous mes amis. Vous me manquez.

Ils m’ont manqué encore plus dans le RER qui me ramenait vers la capitale…

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