10
Août
12

Libres et égaux en droit, face au stress

Dans le tourbillon de nos vies parisiennes mouvementées, on a (trop) souvent tendance à oublier les effets néfastes du stress. Et pourtant, en tant qu’ancien médecin, je sais bien que le stress peut tuer.

En tant que neo-juriste, je fais désormais l’expérience assez désagreable et plus terre-à-terre… du stress qui fout la chiasse.

Je fais en effet mes grands débuts dans le juridique. L’euphorie de commencer un nouveau travail a néanmoins rapidement fait la place au stress de commencer un nouveau travail. Je m’entends encore flamber au téléphone il y a quelques semaines…

Là je démarre dans une autre profession, un autre environnement, d’autres collegues ennemis… de la nouveauté, une belle part d’inconnu. Des questions et des doutes. Et donc pas mal de stress. (ci-dessous le gène du stress)

C’est un peu difficile a vivre mais c’est bien, ca m’apprends la vie. J’étais reste trop longtemps dans mon taf d’avant. J’avais fini sans m’en rendre compte par tomber dans une routine où on finit par ne réflechir. On va au boulot, on prescrit du Doliprane, on rentre chez soi et on retourne au boulot le lendemain. Au bout d’un moment il faut savoir sortir de sa zone de confort.

Après bon… on n’est pas des gitans non plus. On n’est pas habitué à changer de campement tous les 2 jours. Donc forcément c’est dur…

Et donc je stresse un peu…

Après je reste serein. C’est normal de stresser au début. Je me dis que tout le monde connait ça. Dans un sens, ça me rapproche de mes semblables. Le matin, je me sens bien avec mes contemporains. Serré comme un poulet contre les autres dans le métro, noyé dans les odeurs de transpiration, je me sens bien. C’est important de sentir qu’on fait partie d’une équipe.

Je reste serein. Mais c’est pas facile.

Le bon côté c’est qu’on apprécie enfin la vie. Franchement des fois on a l’impression que la vie va trop vite. Dans les derniers mois de ma vie de médecin je ne voyais pas le temps passer. J’enchainais les rendez-vous. J’avais pas le temps de souffler. La ça va mieux. les minutes sont longues… les jours sont des semaines, les semaines sont des mois, les mois sont des années, et les années sont des années calendaires.

Enfin bon si pour apprécier sa vie, il faut la passer aux toilettes…

Et tout cas la je prends conscience de ma condition, c’est une belle leçon d’humilité. C’est une belle claque. (sur les fesses) Quand on a passé des années a soigner les hemorroides des autres, on se sent forcément un peu plus important. Ce petit stress quotidien c’est bien pour redescendre de son nuage. Après tout, je ne suis qu’un homme comme les autres. C’est dans ces moments là qu’on prend de la bouteille.

J’essaie de profiter malgré tout de ce moment particulier… Dans un sens, ça me rappelle quand j’étais petit… c’est un bain de jouvence. Tous ces moments (pas forcément) regrettés où je pleurais parce que je voulais pas aller à l’école le matin… Je suis en plein en train de les revivre chaque matin. Aujourd’hui c’est un peu comme quand j’avais 6 ans.

J’essaie de trouver le positif dans tout ca mais c’est pas facile. Je fais des horaires de maboules. Mes collègues ennemis sont puants ou désabusés. Les clients sont exigeants et souvent menteurs comme des arracheurs de dents, ce qui ne facilite pas mon boulot. Les juges n’ont visiblement pas tout lu Freud. Et on n’a pas la clim au tribunal. Alors ça fait chier. (c’est plus qu’une façon de parler)

Mais c’est pas grave, j’ai pas le temps pour ça. Je vivrai heureux plus tard. Si je meurs pas dans les toilettes avant bien sur.

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Si un cochon à réussi à devenir berger, un docteur peut bien devenir avocat!

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